ITW J.SASTRE/sélectionneur EDF: La mise au point !

05/07/2017  Par Fabmx1 
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À l’approche des grosses courses internationales de ce mois de juillet (Europe et Worlds), nous avons interviewé Julien Sastre, le sélectionneur de l’Équipe de France afin de faire le point sur les sélections tricolores. Il nous explique de A à Z comment sont faits ses choix, nous rappelle les modalités de sélection, nous informe sur  les différents programmes équipe de France et revient sur divers points très intéressants à propos du sport de haut niveau. Un long entretien juste indispensable et très instructif !

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-Salut Julien comment tu vas ?

 Tout va bien merci !

 -Suite à la sélection pour les Worlds notamment il y a eu pas mal d’avis divergents ?

 Les critères de sélection sont en ligne sur le site de la FFC depuis début février :

https://maj.ffc.fr/com/imgAdmin/_MEDIATHEQUE/EQUIPES_DE_FRANCE/Modalites/Modalites_Selection_2017_BMX_V3.pdf 

Le principe de sélection c’est un choix. Forcément, tout le monde peut avoir un avis, un peu comme en foot lors d’une sélection où souvent on dit « Il y a 60 millions de sélectionneurs ». Je ne sais pas s’il existe un choix idéal, mais il s’agit d’une prise de position qui doit répondre à des règles bien établies en début de saison, claires et connues de tous. Au final, les critères de sélection, c’est la règle du jeu qui est fixée pour tous les pilotes, que ce soit pour ceux qui veulent participer aux championnats d’Europe et du monde ou ceux qui veulent se sélectionner en équipe de France.

 Des critères très élevés qui contribuent à tirer les sportifs et leurs performances vers le haut.

-Tu peux revenir et nous expliquer ces critères de sélection ?

 Déjà, il faut bien avoir à l’esprit que pour rentrer en équipe de France, ils sont très élevés. Ils sont basés sur les manches de coupe du monde, et cette saison il fallait par exemple rentrer une finale sur une des 4 manches de coupe du monde (Papendal et Zolder) ou être dans le top 16 du ranking à l’issue de ces deux épreuves. Donc des critères très élevés qui contribuent à tirer les sportifs et leurs performances vers le haut.

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Si je fais un retour rapide sur les saisons 2013/2014, les performances tricolores au niveau coupes du monde/Worlds étaient en moyenne autour des quarts et des demis. Aujourd’hui nos pilotes gagnent de nouveau des championnats du monde, des coupes du monde, on en retrouve plusieurs en finales de ces mêmes épreuves… J’espère que ça va durer bien entendu. Cela veut donc dire que le niveau des Français a évolué et qu’aujourd’hui pour entrer en équipe de France, il faut réaliser des performances de très haut niveau. Il est donc logique que les modalités de sélection suivent cette évolution.

Il faut faire des choix, arbitrer, c’est mon job et je l’assume complètement.

-Et quand tu sors une sélection, il y a quand même des choix à faire, malgré tous ces critères de sélection ?

 Oui, il faut faire des choix, arbitrer, c’est mon job et je l’assume complètement. Comme je te l’ai dit, l’important est que les règles soient claires dès le départ. Les pilotes qui sont en équipe ou qui n’y sont plus, sont parfaitement au courant de tout ça. Par exemple, dans la période de décembre, je contacte les pilotes de nos différents collectifs et ceux qui en sortent. Je leur explique ce qui va être mis en place et les règles en vigueur, soit pour rentrer en sélection équipe de France, soit pour intégrer ou réintégrer un de nos 3 programmes de haut niveau : olympique, relève ou jeune. Deux mois plus tard (en général fin janvier-début février), ces modalités sont publiées sur le site de la fédération noir sur blanc.

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-C’est quand même bizarre que malgré tout et après les sélections il y ait toujours des gens qui se plaignent alors que tout est établi et que tout est clair ?

 C’est normal, quand il y a une sélection, il y a toujours des contents et des déçus. Cela engendre de la joie mais aussi de la frustration… J’apporte des bonnes nouvelles pour certains et des mauvaises pour d’autres, c’est le principe d’une sélection, tout le monde ne peut pas prétendre à être sélectionné, surtout avec des critères de performance élevés comme les nôtres. Je comprends donc que ce soit dur et je ne prends aucun plaisir à annoncer une non-sélection. Après je reste toujours ouvert au dialogue, les pilotes peuvent me contacter et je peux les aider à comprendre les choix effectués si nécessaire.

-Tu veux éviter toute forme de favoritisme?

 Bien entendu, surtout au poste que j’occupe, je perdrais toute crédibilité si c’était le cas…

 -Au niveau de l’organisation des différents programmes équipe de France, peux-tu nous l’expliquer?

 Pour commencer, je chapote les 3 différents programmes équipe de France : olympique, relève et jeune. Ils ont pour but d’accompagner nos pilotes de haut niveau, d’apporter des ressources à leurs entraîneurs ou encore de former les plus jeunes aux exigences de la haute performance (les juniors). Pour chaque programme il y a un collectif de pilotes identifiés, un programme d’action qui va de pair et un staff dédié avec des coachs, kinés, mécanos ou encore médecins…

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L’intégration au programme Olympique se base sur les critères de sélection au J.O qui sont les plus élevés. Le programme Relève à la différence de celui olympique est borné en âge, plus accès sur les jeunes élites ou les très bons juniors, jusqu’à maximum 24 ans. Pour intégrer ce collectif, ce sont les mêmes bases de modalités que pour le programme Olympique mais déclinées. Par exemple quand on exige un Top 8  en Coupe du monde pour être dans le programme Olympique, là c’est un Top 16. C’est plus ouvert. Les meilleurs Juniors peuvent aussi prétendre à l’intégration de ce programme comme Mathis Ragot Richard qui a performé dans cette catégorie en 2016 ou encore Axelle Etienne.

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À Bordeaux et à Rock Hill nous aurons un collectif de 6 juniors en équipe de France, ce qui est une première…

Les programmes Olympique et Relève suivent un peu la même dynamique (détaillée plus bas), on fera juste un peu plus de « sur-mesure » avec les olympiques.

Enfin on a le programme Jeune, qui comme son nom l’indique est plus centré sur la formation des élites de demain : les juniors. Ils ont un accompagnement par étapes, avec une sélection à valider à chaque étape. On les évalue, puis on emmène les meilleurs sur des stages de préparation (comme à Papendal ou Zolder) avec les pilotes des autres collectifs en début de saison. On les accompagne donc stages après stages et compétitions après compétitions, afin de faire ressortir les meilleurs éléments et les aider à décrocher une sélection en Équipe de France pour les championnats d’Europe ou du monde. En année post-olympique, la relance de l’activité chez les jeunes était un point prioritaire (les actions avec les juniors dans les deux années précédentes aux JO étant très réduites au profit des actions avec les olympiques).

À Bordeaux et à Rock Hill nous aurons un collectif de 6 juniors en équipe de France, ce qui est une première, la moyenne sur les dix dernières années étant établie à moins de trois pilotes juniors sur ces mêmes compétitions. D’où l’importance d’avoir également un staff dédié pour ce collectif afin de ne pas rendre moins efficace notre encadrement avec les olympiques.

 -Il paraît très difficile de rentrer dans le programme Olympique, beaucoup de bons pilotes tricolores n’y ont manifestement pas accès?

 Oui c’est dur, c’est un statut qui se mérite par le biais de perfs comme une finale de championnat du monde, un top 8 en classement coupe du monde, un podium sur une coupe du monde… Ce sont des critères très élevés basés sur des résultats difficiles à obtenir.

Une fois que les pilotes sont dans ce programme Olympique, ça leur ouvre certains droits, comme avoir des saisons post-Olympiques aménagées. Du style Manon Valentino qui est en formation cette année et qui n’a pas pu beaucoup s’entraîner cet hiver. Amidou Mir qui a passé tout l’hiver en Amérique du Sud pour se ressourcer après les JO. Sylvain André qui fait une saison aux USA ou encore Joris qui privilégie le championnat Américain par rapport à la coupe du monde.

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Quand on fait partie de ce collectif, on est le groupe « cadre » de l’équipe de France, avec lequel on construit sur le long terme et avec lequel on réalise un accompagnement sur mesure basé sur une confiance mutuelle entre les pilotes et les staffs.

Je ne sélectionne pas sur du résultat à n’importe quel prix.

Dans cette démarche de construction avec ces pilotes, je vais donc tolérer les échecs passagers ou les périodes de méformes, les soutenir dans les années difficiles ou en cas de blessure. Ils ont finalement moins de pression au niveau des résultats pendant les saisons post-olympique. Une attention particulière est cependant toujours maintenue quant au respect des règles et du bien vivre ensemble. Je ne sélectionne pas sur du résultat à n’importe quel prix. J’accorde autant d’importance à la manière dont ils obtiennent les résultats qu’aux résultats eux-mêmes. Mon job est de sélectionner la meilleure équipe, la plus performante et donc en général la plus sereine. Comment les pilotes vont s’associer, interagir ensemble devient donc un élément clé pour avoir un groupe performant. C’est un équilibre difficile à trouver et qui appartient en majorité aux pilotes. Pour cela, il est capital de comprendre que le temps de vie commune est une part très importante du temps passé en équipe de France pendant un déplacement. Ce temps peut influencer la performance de façon positive ou négative.

-Et ils n’ont pas de comptes à rendre ?

 Je dirai plutôt qu’ils ont « des missions »: ce sont les garants de l’état d’esprit « Équipe de France ». Ils représentent les Français à travers le monde et se doivent de véhiculer une bonne image, une bonne énergie. Ils ont donc une mission de performance mais aussi de comportement : avoir une attitude respectueuse, un investissement maximal dans ce qu’ils font, savoir bien vivre ensemble, être ouverts aux jeunes générations, avoir la capacité de se remettre en question lorsqu’il y a un échec…

 -Un peu comme après les derniers JO ?

 Oui, c’est ce qu’ils ont tous fait ! Nous sommes tous conscients que les JO ont été un échec. D’autant plus que depuis deux ans l’Équipe de France a quasiment tout gagné, mais aux JO ça ne l’a pas fait. Suite à cet échec, ils se sont tous remis en question et n’ont pas sombré dans une négativité néfaste. Ils n’ont pas « poussé la poussière sous le tapis du voisin ». On le voit depuis le début de cette saison 2017 où les Français sont devant sur la scène internationale. Dans cette équipe de France chacun a pris sa part de responsabilité, que ce soit les pilotes ou le staff. Tout le monde a assumé sa part de responsabilité et tout le monde a été capable de se remettre en question.

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-Quand on est dans ce programme Olympique on est donc absolument prioritaire pour les sélections aux Worlds?

 Oui, comme je te l’ai dit, être dans le programme Olympique ouvre certains droits. Être « sélectionnable » pour les championnats du monde dès le début de saison en fait partie, qui plus est sur les années post-olympiques. Ils ont donc moins de pression pour cette sélection-là, elle reviendra en temps voulu, en vue de la sélection pour les JO.

-Dans les deux années post-Olympiques, on va dire avec moins de pression pour eux, vous testez des nouveaux axes d’entraînements ou des choses en coupe du monde il parait ?

 Comme ils n’ont plus la pression de devoir se qualifier pour les Worlds par exemple, en coupe du monde on peut tester avec eux des programmes d’entraînements différents, des réglages de vélo différents (au niveau des braquets ou autre), un nouveau régime alimentaire par exemple, des récups ou échauffements différents, etc. Les Coupes du monde deviennent en fait des lieux de travail et de préparation où l’on peut tester de nouvelles choses. Le but est au final, qu’ils puissent être dans les meilleures conditions aux épreuves de références comme les championnats d’Europe, du monde ou encore les JO. 

-Alors tu me dis en fait que les coupes du monde pour l’EDF sont plus des courses des préparations qu’autre chose?

 Oui en effet, ce sont des courses qui nous servent à nous régler, à tester et à valider des choix stratégiques.

 -Je comprends mieux alors le fait que Joris (Daudet) n’ait pas eu le devoir de continuer en coupe du monde alors qu’il était en tête du classement (à égalité avec Sylvain André) après Papendal ?

Oui exactement et ça rejoint ce que je disais au niveau du programme Olympique dans lequel l’encadrement s’adapte aux besoins du pilote. La question phare étant : de quoi ont-ils besoin pour être bien et donc pour être performants ?

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 -Donc en résumé, les pilotes qui sont dans le collectif Olympique sont quasiment certains  en début de saison d’être sélectionnés en Équipe de France pour les championnats du monde même en faisant de mauvaises Coupes du monde. Et pour les programmes Relève et Jeune ?

 Oui, c’est la logique du programme Olympique : le long terme. On raisonne à l’échelle de l’olympiade (4 ans) avec les JO dans le viseur. Pour le programme Relève (les jeunes élites), c’est différent. Les pilotes gagnent leur sélection au championnat du monde sur les épreuves de Coupe du monde. On les accompagne jusqu’aux coupes du monde avec des stages et un suivi (stage à Rock Hill, à Papendal et Zolder par exemple cette année), puis à l’issue des coupes du monde (sur lesquelles ils sont en sélection) ils doivent remplir les critères de perfs pour prétendre à une sélection aux championnats d’Europe et monde.

On attend qu’ils soient morts de faim…

Chez les juniors la logique est différente dans le sens où c’est plus une logique en entonnoir, suivant différents critères de sélection, avec des chances à saisir étape par étape. Par exemple chaque année début mars il y a une revue d’effectif. Cette année on a fait venir 30 pilotes à SQY essentiellement juniors, pour faire un bilan sur trois jours. Savoir où ils en étaient sur le format Olympique, où ils en étaient physiquement et savoir leurs projets et évolution de carrière. C’est comme une photo de début de saison. Puis à l’Européen League de Zolder en caté junior, sur un format Olympique et dans leur catégorie d’âge (pas comme en Coupe du monde où ils roulent avec leurs aînés) on a vu quels étaient, des 30 pilotes,  les pilotes de pointe. On est donc passé de 30 à 6 pilotes après Zolder que j’ai sélectionné  pour partir en stage de coupe du monde avec les deux autres collectifs (Olympique et Relève) et les emmener sur des coupes du monde. Et à l’issue des coupes du monde et suivant les critères juniors, on a sélectionné ceux qui devaient rentrer en Équipe pour les championnats d’Europe et monde.  Les places sont chères et dures à obtenir, ce sont des chances à saisir pour eux, seuls les meilleurs éléments peuvent y prétendre. On attend qu’ils soient morts de faim, très motivés et aussi à l’écoute des aînés.

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  -Grosse équipe du coup pour ce mois de juillet ?

 Oui, nous avons 15 pilotes en sélection (dont 6 juniors). C’est un collectif important, surtout avec un déplacement aux USA. De ce fait nous avons aussi un staff conséquent.

-À ce sujet, il reste des places élites au championnat du monde qui ne sont pas utilisées : 3 pilotes françaises pour 4 places et 6 élites hommes pour 9 places. À quoi cela est-il dû ? Est-ce un problème budgétaire ? Et si oui, pourquoi ne pas emmener moins de staffs au profit de plus de pilotes ?

 Le fait qu’il reste des quotas non utilisés ne relève pas d’un problème budgétaire mais d’un souci de performance : 3 élites dames et 6 élites hommes remplissent les critères de sélection, point. S’il y avait eu 9 élites hommes dans ce cas et 4 élites dames nous aurions amené tout le monde. Nous sommes donc dans une logique de performance qualitative et non pas dans une logique de remplissage des quotas qui se veut quantitative par définition. C’est dur, mais c’est le haut niveau…

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Pour ce qui est des staffs, oui nous sommes nombreux et pourtant là encore nous sommes dans une logique qualitative. Nous avons fait le choix en équipe de France de ne pas nous déplacer partout (par exemple nous ne serons pas en Argentine au mois de septembre cette saison). En revanche, nous préparons des compétitions de référence comme les championnats du monde et quand nous nous déplaçons sur ces épreuves, nous le faisons de la façon la plus professionnelle possible, c’est à dire avec un encadrement de qualité qui puisse répondre à l’ensemble des exigences du haut niveau ainsi qu’aux besoins de nos pilotes. Là encore, nous ne pouvons plus nous permettre de nous organiser en « bons amateurs », nous devons être les plus pro possible, nous ne pouvons pas faire l’économie de ça, les meilleurs étrangers fonctionnent comme ça, c’est aussi ça le sport de haut niveau…

Si nous voulons prétendre aux mêmes droits que les autres disciplines cyclistes, nous devons aussi être en mesure de suivre les mêmes règles.

 -Mais pourquoi ne pas qualifier des pilotes élites hors équipe de France pour les places restantes dans ce cas, comme cela pouvait se faire il y a encore 2 ans ?

 Il s’agit là d’une décision fédérale qui est en vigueur depuis l’an dernier en BMX. Nous étions la seule discipline cycliste à pouvoir engager des pilotes hors équipe de France en championnat du monde élite. La fédération a donc harmonisé le fait que quelle que soit la discipline, le championnat du monde élite se ferait en équipe de France (ce n’est pas le cas pour les juniors).

C’est une décision difficile à entendre pour nous qui avons eu l’habitude de faire autrement. J’entends aussi régulièrement dire qu’à la FFC il n’y en a que pour le cyclisme traditionnel, notamment la route ou la piste, ce qui peut être vrai par moment ou sur certains points. Nous nous battons pour réduire ces éventuelles inégalités dès qu’elles apparaissent.

Néanmoins, je pense que si nous voulons prétendre aux mêmes droits que les autres disciplines cyclistes, nous devons aussi être en mesure de suivre les mêmes règles. Aussi dure qu’elle soit, celle-ci en fait partie et répond encore une fois à une logique de haute performance avec ses avantages et ses inconvénients.

 -Merci à toi Julien pour ces éclairages. On se voit à Bordeaux ?

 Oui bien sûr ! Rdv à Bordeaux, je pense que cela va être un événement exceptionnel sur un site magnifique, avec un public nombreux et des compétitions d’un très gros calibre ! Ces deux épreuves France et Europe en plein centre d’une ville comme Bordeaux vont être un formidable vecteur de promotion de notre discipline, j’ai hâte d’y être !

Merci à toi Fab pour l’interview et le travail réalisé, on se voit à Bordeaux.









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