Dossier: Le mental et le BMX/Part 1: A.WATTIER

22/12/2014  Par Fabmx1 
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Le mental… Sujet très peu abordé dans le BMX et pourtant, si fondamental dans ce sport où il prend une part prépondérante dans la réussite de la performance. Fabmx1.com a donc décidé de se pencher sur ce vaste sujet. Avec une enquête en plusieurs volets, nous allons explorer et essayer de mieux comprendre comment on peut travailler son mental et quels sont les moyens de le contrôler. À l’heure actuelle, le travail sur le mental est trop peu développé alors que certains grands champions de BMX affirment qu’il rentre dans plus de la moitié de leurs performances…

Il faut dire que lorsqu’on est sur la grille de départ, autant avoir confiance en soi, et pour cela, il faut être fort mentalement pour aller battre les copains, qui eux aussi aspirent à être devant vous… Après la technique de pilotage, la puissance et la vélocité, les tactiques de courses, les plus grands se penchent de plus en plus sur le MENTAL. Tous les tops mondiaux ont un préparateur mental, il y a bien une raison… Et quand on voit un Maris Strombergs,  gagner entre-autre « au mental »,  une deuxième médaille d’Or aux J.O alors que ses qualifs ne le plaçaient pas en favori pour le titre suprême, on se dit qu’il est grand temps d’en savoir plus…

Pour introduire cette enquête, nous avons questionné Alex WATTIER (La méthode W), entraîneur de BMX, spécialisé dans le travail sur la préparation mentale, et vraie référence en la matière. Voici la première partie de cet échange, particulièrement riche en enseignements, sur cet inconnu pourtant si intimement lié à notre corps, qu’est notre mental. Une interview indispensable pour tout racer qui veut travailler sur soi-même, et factuellement améliorer ses résultats…

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Alex Wattier, coach et spécialiste de la préparation mentale, éveille notre conscience et notre subconscient….

Alex WATTIER profil:

-Coach depuis 2006

-BE en 2010, se forme dans le mental depuis 2011.

-Création de son entreprise la méthode W en 2011

Palmarès coaching depuis la création :

-2 titres France. 3 titres challenge France . Vice-champion challenge Européen et 3 podiums aux Worlds.

Coach des pilotes:

-Hugo Duval, Melvin Seer, Patrick Etienne, Damien Noel, Alexis Bonnay, Tom Benoist, Stephane Lucry, Olivier Bernot, Erwan Letue, Kevin Tallon, Valentin Lansade, Alexia Faucher. Antoine Dumain également juste pour la partie mentale.

Contacts: 

Alexandre.wattier@gmail.com
Facebook : la méthode W
Instagram : methode_w

Alors Alex, tu es à la fois entraîneur et aussi préparateur mental?

Oui tout à fait, cela fait maintenant quelques années que le mental est inclus dans mon coaching et mes entraînements.

En quoi ça consiste ton travail mental  avec le pilote?

Cela consiste à faire prendre conscience au pilote, qu’avant d’être un sportif, il est avant tout un individu et que c’est avec lui que nous travaillons,  pour que le plein potentiel du rider de  BMX s’exploite à son maximum. La partie « mental » se travaille à la base,  de manière individuelle, puisque sur le principe tout le monde est différent et chacun à des problèmes particuliers. Bien entendu, un outil, une méthode ou un processus, peut éventuellement servir à plusieurs personnes.

Ça se passe comment ?

Cela peut se travailler de différentes manières :

- En tête à tête pour comprendre ce qui ne va pas,  dans un canapé ou par vidéoconférence tout simplement et faire travailler le sportif en dehors de son terrain de jeu.  Cela peut partir d’une chose simple comme enlever une « crainte » ou une « peur » qui dure depuis longtemps.

-Après une chute qui a provoqué un traumatisme émotionnel chez le pilote, qui reste sur un blocage ou sur la situation qu’il a vécu. Un travail mental va l’aider à se libérer émotionnellement justement, pour la confiance en soi, l’estime de soi, l’imagerie mentale, etc…  Qui sont tout ce que j’appelle « le travail de fond ».

- Sur le terrain, directement pour mettre en place, soit des choses vues en salle, ou bien la mise en place d’outils qui serviront lors des compétitions.

Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres, tellement le catalogue des « remèdes » est grand…

Certaines personnes se font littéralement « manger » par l’événement, tout allait bien et le simple fait d’être sur le lieu, provoque une situation de stress ou d’anxiété.

Et concrètement, comment savoir si on a besoin d’aide au niveau du mental? Il y a des symptômes ?

Lorsqu’une course vient, beaucoup de gens l’abordent différemment et plusieurs cas se présentent , pouvant vite déstabiliser l’individu :

-Certaines personnes se font littéralement « manger » par l’événement, tout allait bien et le simple fait d’être sur le lieu, provoque une situation de stress ou d’anxiété.

-D’autres, à la simple vue d’un ou plusieurs obstacles de la piste, vont connaître le même chemin. Même les noms sur les feuilles de race sont pour beaucoup un problème, etc…

-Ceux qui arrivent sur l’événement, et le jour « j » décident de faire tel ou tel résultat, mais n’arrivent pas à l’atteindre en se demandant pourquoi ?

-Et ce fameux stress, où beaucoup ressentent  des effets différents sur le corps, comme par exemple la boule au ventre, les jambes molles, le rythme cardiaque qui augmente, etc…

Et tout cela, peut se passer à différents moments dans la journée. Le stress n’est finalement qu’une réaction du corps par rapport à l’esprit de la personne, qui n’est pas très clair ou ne va pas bien…

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Alex Wattier ici avec Antoine Dumain à St Etienne. Il le prépare mentalement, le travail paye, une cinquième place en finale Elite le dimanche…

Tu peux nous expliquer en détail comment  se passe le travail mental?

Entrons un peu dans le détail, pour que tout le monde puisse comprendre. Pour résumer, notre cerveau à une partie de ce que l’on appelle « La partie consciente » et « la partie inconsciente ». La partie consciente correspond à ce que l’on dit, lit, écrit, pense, etc… Ces informations sont analysées, triées, etc… La partie inconsciente quant à elle, est la bibliothèque de notre tête, elle réceptionne et classe sur tous les sujets que la « partie consciente » lui envoie. Son travail à elle est de renvoyer l’image que les gens ont d’eux dès que les situations se présentent.

Le processus continue et ne s’arrête jamais et le pilote vit un véritable échec…

Tu as des exemples ?

Oui, prenons alors ces exemples :

-Un pilote qui voit une bosse pour lui trop grande, il va se dire qu’elle « est » et il se demande comment il « va » sauter, s’il a les capacités de la faire, etc..

Tout le processus démarre  : A chaque tour où il va arriver devant, il va freiner puisqu’il se rend compte de la taille de l’obstacle au dernier moment, puis la colère, la frustration…montent et il se demande comment ça va passer ! Les essais s’arrêtent  et la bosse n’a pas été franchie, il se dit alors, que faire une bonne course va être difficile, etc,  etc..  Sa pensée étant que la bosse était grande, l’inconscient lui renvoie cette image de lui, voyant cette « Grande Bosse » et des nouvelles mauvaises pensées se mettent en route et le processus continue et ne s’arrête jamais et le pilote vit un véritable échec…

-Autre exemple,  « La piste est étroite, on ne peut pas doubler ». Que se passe-t-il au final? Je vous laisse y répondre.

- Prenons l’exemple d’un pilote qui regarde sa feuille de race et qui voit les noms…  mais qui a des avis/a priori sur chacun d’eux,  surtout s’ils sont forts…

« Il y a lui, lui, lui, je ne peux faire quatre »  et si on reprend le processus, il voit les pilotes en prégrille, et comme pour lui ils sont plus forts, bien entendu, difficile de se projeter pour un bon résultat . Une quatrième place est tout juste envisageable, pas mieux…

Les gens écoutent beaucoup de choses comme par exemple : « la grille est rapide », « ce virage glisse »… Imaginez bien ce qui se passe. Je pense que vous avez compris et comment vous réagissez sur vous,  à l’écoute de ces propos…

Un point qui va aussi parler à beaucoup de gens, les résultats que l’on veut faire avant la course et qui ne passent quasiment jamais. Cela s’appelle avoir un objectif de résultat, et on créé un stress… Plus on se rapproche de celui-ci, soit on ne passe pas le tour d’avant (ex: « Je veux faire demi », au final cinquième en quart…). Soit dans le tour en question, on loupe son start, on déclique, on glisse dans un virage, on s’accroche et j’en passe. Bien entendu, cela s’interfère avec les mauvaises pensées…

(La suite de cet ITW, demain sur votre site fabmx1.com)

Vidéo sur Damien Noel et son travail pour revenir après 2 ans d’arrêt, grâce notamment au travail d’Alex WATTIER:

 









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1 Commentaire

exéllent…….vivement demain



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