Dossier: Le BMX ce sport à risque ? (Part 1)

31/08/2016  Par Fabmx1 
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Lors des quarts de finale homme des derniers Jeux Olympiques de RIO retransmis à la télé et en direct sur France 2,  notre sport s’est vu montré du doigt… Chutes en pagaille, top-pilotes éliminés sans même pouvoir s’exprimer sur la piste, athlètes errants jusqu’à la ligne d’arrivée, parfois le vélo à la main, déroute Française… Il semble que l’image du BMX auprès du grand public en France en ait pris un coup… D’autant plus qu’une certaine presse dit « généraliste » ne s’est pas privée pour tirer à boulet rouge sur le BMX avec des arguments un peu tirés par les cheveux… Cible facile, car jeune et moins en place que d’autres sports plus « mainstream ». On va tenter de rétablir une certaine vérité en essayant d’analyser la situation actuelle.

(Pics @UCI/Watson)

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Notre sport est-il devenu trop dangereux ?

La question est posée, on va tenter d’y voir plus clair. On s’est penché sur ce sujet épineux qui fait couler beaucoup d’encre en ce moment notamment sur les réseaux sociaux.  On a essayé de comprendre et d’analyser, puis de donner notre avis avec le plus de justesse possible.  Ce premier long dossier en appellera d’autres où des intervenants et des leaders d’opinions prendront la parole. En tant que média spécialisé BMX, Fabmx1.com est  dans le cœur du mouvement, notre rôle est aussi d’essayer de poser le dialogue et éventuellement de trouver des solutions.

Introduction:

Comment tout ça a commencé ?

La question n’est pas nouvelle et le risque lié à la pratique du BMX a toujours été présent.  C’est aussi cette caractéristique-là qui a attiré tant de jeunes depuis une bonne quarantaine d’années, préférant ce sport fun  à sensations et chargé d’adrénaline, qui surfe avec la limite et qui s’inscrit dans les sports dits  « extrêmes ». Quand on fait du BMX, on n’a pas l’âme d’un joueur de curling ou d’échec et l’on sait que la chute fait partie de cette pratique  engagée. C’est tellement une évidence, que l’on n’y prête même pas attention ! On ne nous ment pas sur la marchandise, on ne ment pas aux parents qui emmènent pour la première fois leur enfant dans un club ou sur une piste de BMX, c’est sciemment que l’on se met au BMX et en toute connaissance de cause… C’est aussi pour cela que naturellement, avant de monter sur un BMX on enfile  un casque, des gants et diverses protections.

À la base, le BMX c’est du « Bicycle Motocross », du motocross à vélo. Le motocross est un sport risqué car on va vite, on saute et surtout, on roule souvent guidon contre guidon avec un but bien précis…être le premier à franchir la ligne d’arrivée… Mais alors qu’est-ce que c’est fun ! C’est ce qui a inspiré le BMX RACING il y a un peu plus de 40 ans… Lorsque des fous géniaux emmenés par un certain Scott Breithaupt sur les hauteurs de L.A décident de copier le motocross avec des vélos…

Au tout début des années 70, un ado du côté de Long Beach à Los Angeles, qui fait du motocross et qui est la star des gosses du quartier, harcelé par ces kids qui veulent lui ressembler, décide d’aller leur faire sauter des butes de terre sur un terrain vague,  au guidon de leurs Stingray (premier vélo robuste pour les kids, de la marque Schwinn)… C’est ainsi que débute le BMX, grâce à  la légende et au fondateur de ce sport: SCOT BREITHAUPT !

Au départ, fallait en avoir pour s’élancer du haut des collines avec des bikes en acier de type « tuyaux de chauffage » et des freins d’une telle inefficacité que même les freins des pires vélos actuels de Supermarché passeraient pour des « BREMBO série Or 4 pistons »…

Les pionniers avaient l’âme des cascadeurs et c’est aussi ça qui leur plaisait. Prendre des risques, faire des gros travers en virage, sauter loin, avoir cette adrénaline que l’on ne retrouve nulle part ailleurs et qui te laisse des souvenirs et des sensations jusqu’à la mort ! Sentir son vélo partir en glisse, faire corps avec ce bike dans les airs, connaître la gorge en feu après un sprint endiablé, tomber et se relever le sourire aux lèvres, ou tout simplement gagner une course puis partager ça avec les copains…

Quel formidable moyen d’expression que ce simple petit vélo équipé de pneu à crampons ! Il donne du plaisir et des sensations, il permet d’exister et de se sentir vivant !

Seulement il y a un revers de la médaille, ce sport si « fun », si jouissif, est aussi un engin qui parfois fait mal… Depuis la nuit des temps, tout être en mouvement est voué à la chute. Pas d’exception pour le BMX, parfois on « s’en prend une bonne », on se « boîte sévère » ou tout simplement on tombe. La chute fait partie du truc et même au début du phénomène, les kids Californiens l’ont vite compris. Ils ont même eu l’idée, en plus de se protéger le corps, de mettre des mousses sur le top-tube (spéciales roubignoles !) , sur la potence (le fameux  coup de genou à t’exploser la rotule… ceux qui ont pratiqué savent ce que ça veut dire…) ou au niveau de la barre du guidon (spécial dents en moins…).

Le BMX depuis le début parfois quand ça se passe mal, casse des os ou écorche la peau, personne ne le conteste…

Malgré toutes  les précautions pour amortir les chutes et limiter les bobos, depuis la création de ce sport, des fractures et autres plaies en ont freiné plus d’un et maté les plus durs… Glissades, OTB ou autre accrochages,  engendrant clavicules en deux, poignets ou jambes fracturées. Le BMX depuis le début parfois quand ça se passe mal, casse des os ou écorche la peau, personne ne le conteste… Il apprend même l’humilité.

Cependant à l’époque, les pistes étaient différentes… Les virages étaient en terre, les bosses étaient moins nombreuses, moins dures et plus petites, et les vitesses étaient moins élevées… Mais pendant près de 30 ans, la physionomie de ce sport et les pistes ont gardés un même schéma, si ce n’est des bosses et des tracés modifiés au fil des ans.

De nos jours le BMX RACING surtout à haut niveau a bien changé….

Mais au tout début des années 2000 le BMX va connaître une révolution ! Le BMX DOWNHILL arrive et on annonce la création d’une série de races « Triple Crown » avec le premier round à WOODWARD en Pennsylvanie.

Basé sur le spectacle, les pistes sont en descente avec des bosses énormes à mi-chemin entre le gros trail et la race engagée. Réservé aux top-pilotes de races, à quelques tops VTTistes faisant aussi du BMX et quelques  racers plutôt spécialisés dirt (comme Fuzzy Hall).

Le concept fait mouche et devient l’année plus tard le « VANS TRIPLE CROWN SERIES ». Ce concept séduit et il est repris peu de temps après par les X-Games, cette nouvelle tendance adaptée au format TV (la chaîne TV NBC couvre en LIVE les évènements), qui plaît beaucoup à cette génération « X » de plus en plus attirée par les sports extrêmes. Il y a une forte demande pour qu’il y ait des évènements télévisuels, toujours plus grands et toujours plus forts. Le BMX Race s’invite donc dans les salons américains mais avec un concept novateur de BMX « big size track », qui demande engagement et grosse paire de…… (cojones). Un BMX RACING plus fat et spectaculaire que celui qui est pratiqué partout dans le monde, afin d’attirer des téléspectateurs.

Car même encore lors d’une coupe du monde (par exemple aux USA comme à Chula Vista en 2014), il y a très peu de spectateurs dans les tribunes mais énormément de monde derrière les écrans d’ordinateurs ou de TV.

Au fil des années le concept du BMX taille « XXL » créé pour les X-Games va s’affiner et en 2003 l’UCI BMX Supercross Downhill est créé… Le championnat est donc officialisé UCI.

Depuis cette période, le BMX SUPERCROSS n’a cessé d’évoluer, attirants la crème de la discipline. C’est devenu la Formule 1 de notre sport, la vitrine qu’il faut montrer, à la fois spectaculaire, rapide et surtout au format de bosses big-size !  Les meilleurs pilotes de la planète se sont donc adaptés au Supercross et ses grosses pistes avec la création de la Coupe du Monde de Supercross par l’UCI.

Les dames ont aussi emboîté le pas et se sont elles aussi spécialisées dans cette nouvelle discipline dérivée du BMX traditionnel. Il leur a fallu bien du courage à ces demoiselles pour dompter les grosses bosses en première ligne et la progression qu’elles ont eu durant toutes ces années,  force le respect ! Personne n’aurait imaginé voir des girls s’envoyer des triples de 12 m avec une précision chirurgicale comme le montre en ce moment une Mariana PAJON…

Puis en 2008 le BMX devient sport Olympique aux JO de PÉKIN, toujours avec ce format Supercross.  Les pistes ont maintenant bien évoluée et la butte à 8 m est devenue le standard, les virages qui autrefois étaient en terre (donc souples et glissants) sont maintenant enduits de bitume pour pouvoir garder la vitesse et favoriser le speed dans les lignes de bosses toujours plus grosses, notamment la seconde et la section PRO pour les hommes.

Avec le SX une nouvelle race de pilote est née. Les »athlètes » pouvant rider en Supercross sont l’élite de la discipline. Ces pilotes au top ont développé des entraînements spécifiques aux formats SX et se sont adaptés aux grosses bosses et gros tracks en descente, ont appris à conjuguer avec le vent et parfois les mauvaises conditions climatiques. Les vélos ont gagné en longueur et il n’est pas rare de trouver une majorité de cadre PRO XXL  sur le circuit mondial. Les pneus qui autrefois étaient à crampons (Tioga Comp 3) sont maintenant quasiment tous slick (Type Tioga Powerblock/band), presque lisses et sans crampons…

ALORS MAINTENANT ?

Donc nous voilà une quinzaine d’années plus tard avec un format SX validé, plus grand, plus gros, plus rapide, des pilotes entraînés, des pédales autos, des vélos adaptés et fatalement des chutes plus impressionnantes et parfois plus traumatisantes. Les vitesses de +de 65 km/h ainsi que les virages en bitume et les bosses dures (souvent traitées SOILTAC), ne pardonnent pas, de la pizza à la fracture, tous les pilotes ont goûté à ces spécialités….

Mais est-ce qu’on ne va pas trop loin, est-ce que les pistes sont vraiment conçues pour les pilotes ou alors on privilégie le côté spectacle comme c’était un peu le cas lors de la création du SX ?

On est en droit de se poser légitimement la question, surtout quand on est témoin au bord de la piste, d’énormes crashs comme à Manchester ou à Papendal ! Il est important de modérer nos propos sur cette question qui revient sans arrêt et qui pourrait à terme faire de l’ombre ou nuire tout simplement à l’ensemble du BMX.

Ce BMX moderne dit « Supercross » n’est pratiqué que par une toute petite partie de pilotes dans le monde. Ils ne sont pas plus de 500 athlètes parmi les meilleurs de chaque continent, en mélangeant les hommes et les femmes, à pouvoir s’aligner en haut de la butte à 8. Ils ont les aptitudes et sont entrainés pour ça. En faisant un parallèle avec la voiture, personne ne pourrait conduire une Formule 1 sans pratique et des années de conduite.

À notre humble avis le BMX Supercross que l’on a vu aux derniers JO de RIO n’est pas plus dangereux que la boxe ou la gym…

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Cette belle vitrine du très haut niveau du BMX avec ce format, est en train de s’éloigner de plus en plus du BMX dit « classique », celui pratiqué par 99% des licenciés dans le monde sur des pistes plus petites avec des buttes de 3 à 5 m et des bosses plus petites.

Alors s’entendre dire après les JO que le BMX est un sport « à risque », est foncièrement une erreur ! Dire que le « BMX SUPERCROSS » est un sport à risque semble plus approprié à la situation. Mais tout dépend de la mesure des risques…

À notre humble avis le BMX Supercross que l’on a vu aux derniers JO de RIO n’est pas plus dangereux que la boxe ou la gym. Quand on lit dans un récent article d’un grand média que la Boxe aux JO de Rio qui a remporté pleins de médailles aux tricolores, devrait voir ses licenciés augmenter par rapport au BMX, en sous-entendant que ce sport est moins dangereux ou traumatisant que le nôtre, faut arrêter le délire sous le coup de l’émotion ! Des études sur la boxe sont là pour prouver le contraire, tiens lisez ce lien:

http://rue89.nouvelobs.com/rue89-sport/2011/12/12/boxeurs-vos-neurones-en-prennent-un-coup-dans-lindifference-227397

Ensuite si on doit comparer le « BMX SX » (ou que l’on voit en Coupe du monde SX) avec d’autres sports que l’on a vu pendant dans ces derniers jeux, allons y gaiement ! On n’a pas qu’une mémoire sélective messieurs les journalistes généralistes ! Souvenez-vous par exemple de la double fracture ouverte du tibia/perroné du gymnaste Aït Saïd… Ou la terrible chute de la Hollandaise Annemiek van Vleuten lors de l’épreuve de cyclisme sur route.

Est-ce que l’on en a fait tout un plat ? NON !!!

A t’on dit que la gymnastique à haut niveau « cassait des membres et des ligaments » ou traumatisait des pauvres gamines (qui ne dépassent pas les 1m45, car ralentissement de la croissance avec les énormes charges de travail aux entrainements, mais on ne va pas en parler, hein !) ou alors que le vélo sur route c’était parfois dangereux ? Que les triathlètes ne faisaient pas plus de 2 Olympiades en moyenne car à terme ça peut devenir néfaste pour l’organisme ? NON !

Pourtant si on devait le faire et être objectif, il semble que de chuter à vélo sur un anneau de piste en bois, sur la route lors d’un sprint ou en descente,  se prendre un rebord de trottoir avec un casque de vélo « open-face » et des collants, ce soit bien plus traumatisant que de chuter sur la piste BMX des JO avec un casque intégral, souvent de type moto (Fly F2 ou TLD SE3/4…) et une tenue de cross. Et que dire du camion qui vous frôle lors d’une sortie en cyclotourisme sur route ouverte, on en parle ou bien ? Soyons logiques et replaçons les choses dans leur contexte messieurs  les journalistes des grands médias « mainstream ».

Que ce soit donc bien clair les amis (ies), on ne nous dit pas TOUT !

Et  dire que la pauvre Annemiek a  bien failli rester paralysée  ou même perdre la vie… Mais le vélo de route a bien plus de poids que son cousin le BMX. Oui, le cyclisme c’est une religion, il n’y a qu’à voir l’impact médiatique dans le monde du Tour de France, on ne joue pas dans la même catégorie !  Alors ne nous amusons pas à dire qu’en plus du dopage (le spectre Lance Armstrong…), ce sport est dangereux !

Mais alors pourquoi lors des quarts de finale homme lors de ces JO BMX de RIO, même nous, passionnés et pratiquants on a eu des sueurs froides et senti un malaise en voyant tous ces champions au tas, presque dans un chaos télévisuel indescriptible ?

3 facteurs essentiels à ce malaise qui va nous hanter pas mal de temps…

1/ En 20 mns, on a perdu toutes nos chances de médailles tricolores, de Joris, à Amidou, en passant par Jeremy, on ne va pas le répéter, ce fut une série noire de chutes et de malchance, donc les téléspectateurs Français ont été très frustrés ainsi que les nombreux passionnés que nous sommes.

 

2/ Le vent soufflait fort en ce jeudi à RIO. Pour un sport plus « classique », l’organisation n’aurait pas eu de mal à reculer d’un jour la compétition. Le BMX non, on manque de poids vis-à-vis du CIO, donc on a laissé les pilotes s’aligner alors que le vent de 3/4 face en seconde ligne rendait extrêmement compliqué le passage de cette section pro et donnait trop de speed en première ligne (Strombergs se plaignait des bosses trop courtes, tu m’étonnes avec le vent de dos !).

3/ Ces quarts représentaient les toutes premières races de ces JO BMX. Se déroulant en 3 manches, de l’avis de tous les concurrents, c’était l’étape la plus difficile de ces jeux de BMX. Alors la pression était ÉNORME pour tout le monde. Il y a eu des fautes anormales de pilotage que l’on ne voit jamais en Coupe du Monde, comme le gros carambolage dans le fameux quart ou Graf, Strombergs et Phillips sont allés au tapis. Jamais un Phillips en SX CUP n’aurait tenté le diable sur un Graf, alors qu’il n’avait pas la place de passer !

 

En Conclusion:

Alors on fait quoi?

Le raccourci trop facile de clamer haut et fort que « le BMX est trop dangereux » est à notre avis bien trop facile et réducteur… Certes le BMX est un sport qui comporte des risques, c’est factuel, mais de là à dire que ce sport est dangereux… Les risques sont bien présents, mais ils sont la plupart du temps contrôlés et mesurés, parfois cependant avec plus ou moins de discernement, comme le vent lors des quarts de finale aux JO, bien trop important pour un déroulement normal de la compétition. Il fallait décaler la course comme ça se fait en voile ou dans d’autres sports lorsque les conditions ne sont pas bonnes.

À Pékin pourtant les épreuves de BMX en 2008 avaient été retardées à cause du temps…

Ne faudrait-il pas revoir les limites au niveau de la vitesse du vent ?

Par exemple, plus de 20 km/h de vent de face, de dos ou latéral et on annule ou on repousse ? Pourtant l’UCI a bien des personnes habilités à ça, comme Yvan LAPRAZ qui on le sait, est un formidable pilier de cette organisation et un lien puissant entre l’UCI et les pilotes. Il a les compétences et du poids, mais aux JO, le CIO l’a t’il entendu ? A t’il eu son mot à dire ? Rien n’est certain…

Est-ce que le format des pistes SX UCI est à remettre en cause ?

A bien y réfléchir, pas vraiment ça serait un retour en arrière, mais il est à améliorer dans certains points. Enlevons par exemple ces sauts de virages difficilement enroulables (demandez à Joris) qui en cas de perte de vitesse en amont sont terriblement accidentogènes.  Autre exemple, évitons les « ravins » au bord des bosses (demandez à Liam Phillips…).

L’UCI doit maintenant prendre ses responsabilités et peut être demander un peu plus l’avis des pilotes ou peut-être plus écouter Yvan Lapraz quant aux diverses modifications à apporter. Il est à noter d’ailleurs que dans le règlement 2017, la butte à 8 m ne soit plus un élément indispensable pour pouvoir organiser une coupe du monde et qu’une butte à 5 soit tolérée. Est-ce un signe d’un changement vers du moins gros et du moins rapide ? L’avenir nous le dira…

De notre côté (le côté des amateurs) défendons notre sport et ses valeurs, roulons équipés, travaillons sur la sécurité auprès des jeunes en les éduquant comme on le fait depuis le début. Répondons à ceux qui nous disent que notre sport est dangereux car ils y a eu des chutes aux JO, que ce qu’ils ont vu c’est réservé à « l’Élite » qui roule sur des pistes spécifiques, mais que le BMX de monsieur tout le monde avec les 99% de pratiquants dans le monde n’est pas du tout ainsi. Que le BMX est moins dangereux que certains sports comme le Rugby ou la Boxe, que c’est un sport extrême qui comporte des risques, mais que les risques sont calculés, modérés et au final bien moindres que de monter dans une voiture et d’aller chercher son pain…

Du côté des Élites, il faut qu’ils essaient peut-être de mieux se protéger même si on a constaté notamment en Coupe du monde une énorme prise de conscience depuis 2/3 saisons, avec des pilotes qui roulent équipés de gilets avec des protections en mousse absorbante. Un peu de mousse entre de la chair et du bitume ne va peut-être pas éviter la fracture mais augmente fortement les heures de sommeil (les pizzas dans le lit, ça fait mal !). Alors si vous aimez les pizzas, essayez au moins de toujours attacher votre casque !

Oui vous avez bien lu… Certains pilotes n’attachent pas leur casque en roulant, notamment parfois aux essais… Un peu comme une mode, et c’est plus pratique à enlever après la ligne d’arrivée, ou plus stylé de finir avec le casque vite relevé sur la tête pour finir en roue libre dans le paddock… Pourquoi alors par exemple s’embêter 10 secondes à attacher une ceinture de sécurité en voiture, si ce n’est peut-être pour essayer de minimiser les blessures graves lors d’un éventuel gros accident ? Et puis, vous êtes des modèles pour les jeunes, ne l’oubliez pas…

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Mais s’obstiner à dire que les Élites en général ne se soucient peu de la sécurité et n’ont pas conscience des dangers pour leur santé est faux ! Lorsque ça va trop loin, ils savent le dire et s’unir pour leur propre sécurité. On l’a vu lors du Test Event de la piste des JO de RIO, et quelques mois avant la grande compétition ils ont demandé des modifications pour une piste moins dangereuse. Et ils ont eu gain de cause ! Que ça continue.

Un truc aussi…Les virages en bitume engendrent de nombreuses brûlures et c’est à notre avis un vrai problème. Les tenues en synthétique ne peuvent pas résister à l’abrasion lors des chutes et peuvent même fondre sur une plaie et entraver une bonne cicatrisation. En moto de route, il n’y a que le cuir qui peut empêcher la peau de brûler quand on glisse sur le tarmac. Est-ce qu’en BMX Supercross, il ne faut pas imposer des gants en cuir et des empiècements en cuir sur les avant-bras, les genoux et les fesses ? En Supermoto aux USA, Troy Lee Design a développé à partir de tenues de motocross, des tenues spécifiques de Supermot’ avec des empiècements en cuir. C’est juste, une idée, comme ça, mais si ça peut éviter à des athlètes de se taper 1 mois de cicatrisation d’un avant-bras ou d’une cuisse. C’est jamais très agréable les pizzas, si ce n’est aux 4 fromages et dans l’assiette…

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Une suggestion  qui nous semble intéressante, ça serait peut-être de rebaptiser le « BMX Supercross »…

Pourquoi ? Car les gens qui regardent à la télé ce sport, ne voient et surtout n’entendent que le terme générique « BMX » et ne font pas la différence entre le « Supercross » et le « BMX classique », ce qui généralise et créé un amalgame dans ce qu’est vraiment le BMX pratiqué par le quidam moyen en club…

Alors que si on nommait autrement ce format SX, par exemple en l’appelant le « SUPER-BMX », les gens ne connaissant pas ce sport auraient une meilleure définition de ce qu’ils ont sous les yeux et auraient moins tendance à faire un amalgame entre le BMX classique et le SX. En moto, il existe bien le « Motocross » et le « Supercross » pour deux disciplines distinctes même si très proches au final. Les gens qui vont voir un motocross, savent bien reconnaître la différence qu’il y a avec le Supercross… Alors messieurs de l’UCI ou de la FFC, le « SUPER-BMX » ne serait-ce t-il pas plus explicite et finalement mieux pour bien distinguer le deux disciplines ? BMX format SX et BMX format classique ?

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Voilà, toutes ces suggestions n’engagent que nous et ne sont peut-être pas les meilleures solutions, mais à l’heure ou notre sport est attaqué, on pense que c’était de notre devoir d’avoir cette analyse, non pas pour alimenter  des polémiques, mais justement pour éviter qu’il y en ait et que notre passion en pâtisse à la longue….

Pour conclure cette première longue partie de sujet sur le BMX et ses risques et avant de laisser la parole à des spécialistes et des leaders d’opinions de notre sport dans un prochain sujet, je vous laisse avec cette vidéo d’une compilation des 10 plus grosses blessures des derniers JO… Et comme par hasard, il n’y a pas de BMX ! Comme quoi, tout n’est que point de vue !






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1 Commentaire

Très bon articles, je l’ai partager sur le FB et le sites du club.

Merci pour cette investissement pour notre beau sport.

Laurent du BMX Puget Ville (83)



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